Un vol retardé de trois heures ou plus à l’arrivée finale ouvre droit à une indemnisation forfaitaire, comprise entre 250 € et 600 € selon la distance du trajet. Ce cadre est fixé par le règlement européen CE 261/2004, applicable à tout départ d’un aéroport de l’Union européenne ou à toute arrivée dans l’UE opérée par une compagnie communautaire.
Les seuils diffèrent selon qu’il s’agit d’une simple assistance, repas et communication, ou du versement d’une somme fixe. Une réforme du texte européen, adoptée par le Parlement le 7 juillet 2026, doit encore être publiée au Journal officiel avant d’entrer en vigueur. En attendant, les montants et délais actuels restent la référence pour toute réclamation.
Vos droits en cas de vol retardé
Trois heures de retard à l’arrivée finale, c’est le seuil qui déclenche l’indemnisation forfaitaire, quelle que soit la cause invoquée par la compagnie, hors circonstances extraordinaires. Ce seuil ne doit pas être confondu avec celui de l’assistance, plus précoce : deux heures pour les vols de 1 500 km ou moins, trois heures pour les vols intra-UE de plus de 1 500 km ou les vols internationaux entre 1 500 et 3 500 km, et quatre heures pour les vols internationaux de plus de 3 500 km.

Ces règles s’appliquent que le vol parte de France, d’un autre pays de l’UE, ou qu’il y arrive avec une compagnie européenne. Le portail officiel de la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) sur les droits des passagers aériens détaille les cas particuliers, comme les correspondances manquées. Depuis le 7 février 2026, un passage devant un médiateur est devenu obligatoire avant toute action judiciaire, un point développé plus loin dans cet article.
Montants d’indemnisation selon la distance
Sur un trajet Paris-New York, un retard de cinq heures à l’arrivée déclenche l’indemnisation maximale de 600 €, contre 300 € seulement si le retard reste compris entre trois et quatre heures. Ce mécanisme de réduction ne s’applique qu’aux vols internationaux de plus de 3 500 km. En dessous de ce seuil, le montant est fixe dès que le retard atteint trois heures.
| Distance | Montant standard | Montant réduit |
|---|---|---|
| ≤ 1 500 km | 250 € | – |
| 1 500 à 3 500 km | 400 € | – |
| > 3 500 km | 600 € | 300 € (retard 3-4h) |
Le palier intermédiaire de 400 € couvre aussi bien les vols intra-européens de plus de 1 500 km que les vols internationaux jusqu’à 3 500 km. Un exemple concret : un vol Paris-Bangkok via Doha, soit plus de 3 500 km, retardé de six heures au total malgré une escale technique, ouvre droit aux 600 € pleins, et non à un montant proportionnel aux kilomètres réellement parcourus via l’escale.

La distance retenue n’est pas celle réellement parcourue en cas d’escale ou de déroutement, mais la distance orthodromique, calculée à vol d’oiseau entre le point de départ et la destination finale. Les modalités précises sont détaillées sur la page du ministère de l’Économie sur le vol annulé ou retardé. Un accord trouvé en trilogue le 15 juin 2026, puis adopté par le Parlement européen le 7 juillet, maintient les seuils et montants actuels malgré des propositions du Conseil visant à les relever jusqu’à cinq voire neuf heures selon la distance ; le texte attend sa publication au Journal officiel de l’Union européenne avant d’entrer en application.
Assistance fournie par la compagnie aérienne
Sur un vol Paris-Marrakech, environ 1 100 km, l’assistance devient obligatoire dès deux heures de retard : un bon repas, l’accès à une connexion ou une carte téléphonique, et une nuit d’hôtel si le décalage impose de rester sur place. Sur les liaisons longues, où la durée de vol dépasse onze heures, comme Paris-Tokyo, le seuil grimpe à quatre heures, car la distance dépasse 3 500 km.

La compagnie doit aussi prendre en charge deux communications, par téléphone, SMS ou email, quel que soit le motif du retard. En cas de déroutement vers un autre aéroport que celui prévu, le transport jusqu’à la destination initiale ou vers un point convenu avec le passager est également à sa charge. Ces obligations d’assistance s’appliquent indépendamment du droit à l’indemnisation forfaitaire, qui suit ses propres seuils.
Cette distinction surprend souvent les voyageurs. Un retard de deux heures sur un vol court donne droit à un repas, mais pas à une compensation en argent. Il faut atteindre trois heures de retard à l’arrivée pour prétendre à l’indemnisation prévue par le règlement CE 261/2004.
Exceptions et procédure de réclamation
Quand aucune indemnisation n’est due
Une tempête qui cloue les avions au sol, un risque sécuritaire ou une grève des contrôleurs aériens exonèrent la compagnie du versement de l’indemnisation, à condition qu’elle démontre avoir pris toutes les mesures raisonnables, comme l’affrètement d’un appareil de remplacement, pour limiter les conséquences. Une grève interne à la compagnie, pilotes ou personnel navigant, ne bénéficie pas de cette exonération : l’indemnisation reste due dans ce cas.
Une assurance voyage avec option retard ou annulation peut compléter la protection du passager, en particulier sur les vols qui échappent au champ du règlement européen. Le comparatif des assurances voyage aide à repérer les contrats qui couvrent ces situations.
Comment réclamer votre indemnisation
La démarche commence par une demande écrite, idéalement en recommandé, adressée directement à la compagnie aérienne. Elle doit joindre le billet, une preuve du retard et les coordonnées du passager. La compagnie dispose de deux mois pour répondre.
En l’absence de réponse ou en cas de refus, direction le médiateur : depuis le décret n°2025-772 du 5 août 2025, entré en application le 7 février 2026, cette étape est obligatoire avant toute saisine d’un tribunal pour un litige relevant du règlement CE 261/2004. Le Médiateur Tourisme et Voyage figure parmi les instances compétentes selon la compagnie concernée. Les litiges déjà réclamés avant le 5 août 2025 échappent à cette obligation.
Le délai pour agir reste large : cinq ans à compter de la date du vol, selon la fiche officielle de Service-Public.fr. Un vol retardé constaté aujourd’hui peut donc encore faire l’objet d’une réclamation en 2031. La réforme européenne adoptée en juillet 2026, si elle entre en vigueur, introduira un délai distinct de neuf mois pour déposer la demande auprès de la compagnie, mais ce nouveau régime n’est pas encore applicable.
Une réclamation bien documentée aboutit généralement plus vite : les compagnies disposent d’un service dédié qui traite en priorité les dossiers complets. Passé les deux mois de silence de la compagnie, saisir directement le médiateur reste plus rapide qu’attendre une hypothétique relance.
Questions fréquentes
Quel montant exact d’indemnisation selon la distance et la durée de mon retard ?
Le montant dépend de la distance orthodromique du vol, pas de la durée exacte du retard au-delà du seuil de trois heures : 250 € jusqu’à 1 500 km, 400 € entre 1 500 et 3 500 km ou sur un vol intra-UE de plus de 1 500 km, et 600 € au-delà de 3 500 km. Sur ce dernier palier, le montant tombe à 300 € si le retard reste compris entre trois et quatre heures.
Que faire si la compagnie refuse de m’indemniser ou ne répond pas à ma réclamation ?
Passé un délai de deux mois sans réponse satisfaisante, saisissez le médiateur compétent : cette étape est obligatoire depuis le 7 février 2026 avant toute action en justice. Conservez une copie de tous les échanges avec la compagnie.
Un retard météo ou grève donne-t-il toujours droit à indemnisation ?
Non. La météo sévère et une grève des contrôleurs aériens sont considérées comme des circonstances extraordinaires. Une grève propre au personnel de la compagnie, en revanche, ouvre bien droit à l’indemnisation.
Combien de temps ai-je pour réclamer après un vol retardé ?
Le délai de prescription est de cinq ans à compter de la date du vol concerné. Une réforme européenne prévoit un futur délai distinct de neuf mois pour la demande initiale auprès de la compagnie, mais ce texte n’est pas encore en vigueur.
Dois-je désormais passer par un médiateur avant de saisir la justice en 2026 ?
Oui, depuis le 7 février 2026. Cette obligation, issue du décret n°2025-772 du 5 août 2025, s’applique à tout litige relevant du règlement CE 261/2004, sauf si la réclamation initiale a été déposée avant le 5 août 2025.
Sources
- Service-Public.fr, Voyage en avion : vol retardé, service-public.gouv.fr
- DGAC, Droits des passagers aériens, droits-passagers-aeriens.aviation-civile.gouv.fr
- Ministère de l’Économie, Vol annulé ou retardé : quels sont vos droits, economie.gouv.fr


